- La Société par Actions Simplifiée (SAS) permet de créer une société avec au moins deux associés, ou un seul (elle devient alors une SASU). Elle offre une grande liberté statutaire et limite la responsabilité des associés à leurs apports.
- Son régime fiscal par défaut est l’impôt sur les sociétés (25 % sur le résultat, taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles).
- Le président de la SAS est assimilé salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale, hors assurance chômage.
Qu’est-ce qu’une Société par Actions Simplifiée (SAS) ? #
La Société par Actions Simplifiée (SAS) est une forme de société commerciale caractérisée par une grande liberté statutaire : contrairement à la SARL ou à la SA, la loi laisse aux associés le soin d’organiser eux-mêmes une large part du fonctionnement de la société dans ses statuts. Elle peut être constituée par au moins deux associés (personnes physiques ou morales) ou par un associé unique, auquel cas elle prend le nom de SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) — les deux formes obéissent aux mêmes règles de fond.
- Capital social : librement fixé par les statuts, sans minimum légal (une SAS peut être créée avec 1 €), sauf activité réglementée exigeant un capital plancher.
- Nature des titres : le capital est représenté par des actions (et non des parts sociales comme en SARL), apportées en numéraire, en nature ou, dans des cas encadrés, en industrie.
- Cession des titres : en principe libre, mais les statuts peuvent l’encadrer (clauses d’agrément, d’inaliénabilité, de préemption).
- Présidence : le président peut être une personne physique ou une personne morale (une autre société, une holding), qui délègue alors la gestion opérationnelle à un mandataire.
Depuis le début des années 2010, la SAS et la SASU sont devenues, en nombre de créations annuelles, les formes de société commerciale les plus choisies par les créateurs d’entreprise en France — devant la SARL — notamment pour leur souplesse d’organisation et leur compatibilité avec l’entrée d’investisseurs.
SAS, SASU ou SARL : quelle différence ? #
| Critère | SAS / SASU | SARL |
|---|---|---|
| Nombre d’associés | 1 (SASU) à l’infini, sans plafond | 2 à 100 associés |
| Titres | Actions | Parts sociales |
| Rédaction des statuts | Grande liberté statutaire | Cadre légal plus strict et protecteur |
| Régime social du dirigeant | Président : assimilé salarié (régime général, hors chômage) | Gérant majoritaire : travailleur non salarié (Sécurité sociale des indépendants) ; gérant minoritaire/égalitaire : assimilé salarié |
| Entrée de nouveaux associés / investisseurs | Simple (émission d’actions, actions de préférence possibles) | Plus lourde (agrément obligatoire par les autres associés) |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur les sociétés (option IR possible sous conditions et durée limitée) | Impôt sur les sociétés (option IR possible ; IR de plein droit pour l’EURL à associé unique personne physique) |
En clair : la SAS séduit surtout les projets à plusieurs associés qui veulent une gouvernance sur-mesure ou anticipent une levée de fonds ; la SARL reste pertinente pour une structure familiale ou de petite taille où le cadre légal, plus directif, sécurise les rapports entre associés à moindre coût de rédaction.
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Les avantages du statut SAS pour les entrepreneurs #
Le succès de la SAS tient à plusieurs atouts concrets, recherchés aussi bien par des créateurs individuels que par des projets à plusieurs associés — sa flexibilité facilite notamment l’entrée d’investisseurs, dont l’analyse s’appuie largement sur ce que révèlent les capitaux propres sur la santé financière de la société.
Comment créer une SAS : les étapes clés #
La création d’une SAS suit un parcours structuré, où chaque étape conditionne la solidité juridique de la société.
- Rédaction des statuts : c’est l’étape la plus engageante, puisque la loi laisse une grande latitude de rédaction. Une relecture par un professionnel du conseil juridique permet d’éviter des clauses incomplètes ou incompatibles entre elles.
- Constitution et dépôt du capital social : les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué au nom de la société en formation. Pour un apport en nature, le recours à un commissaire aux apports est en principe obligatoire ; les statuts peuvent toutefois en dispenser à l’unanimité des futurs associés lorsque la valeur d’aucun apport ne dépasse le seuil fixé par décret et que le total des apports non évalués reste inférieur à la moitié du capital (Code de commerce, art. L.227-1).
- Nomination du président : elle intervient dans les statuts ou par un acte séparé.
- Publication d’un avis de constitution dans un support habilité à recevoir des annonces légales, dans le département du siège social.
- Dépôt du dossier d’immatriculation sur le guichet unique électronique des formalités d’entreprises, pour obtenir l’extrait Kbis.
Les statuts de la SAS : ce qu’il faut inclure #
Le contenu des statuts façonne toute la vie de la société. Un statut incomplet ou imprécis expose à des blocages de gouvernance en cas de désaccord entre associés — c’est le point sur lequel les praticiens du droit des sociétés insistent le plus.
- Capital social : montant, nature des apports, répartition entre associés.
- Nature et transmissibilité des actions : droits financiers et politiques attachés, conditions de cession, possibilité d’actions de préférence.
- Modalités de décision collective : quorums, majorités, fréquence des assemblées.
- Désignation et pouvoirs du président : mode de nomination, limites des pouvoirs, cumul possible avec un mandat de directeur général.
- Clauses d’agrément, de préemption, d’exclusion : elles encadrent l’entrée et la sortie d’associés et sécurisent le tour de table.
- Organes collégiaux : possibilité de prévoir un conseil de surveillance, un comité stratégique ou un comité d’audit.
Les omissions les plus fréquentes portent sur la procédure de révocation des mandataires sociaux, l’absence de clause de sortie conjointe lors d’une levée de fonds, et l’imprécision sur le calcul des droits en cas de cession. Ces manques ne se voient pas à la création : ils se révèlent au premier désaccord entre associés, souvent au pire moment.
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Le rôle et les responsabilités du président de la SAS #
Le président est le représentant légal de la SAS. La loi permet qu’il s’agisse d’une personne physique ou d’une personne morale — une pratique courante dans les groupes de sociétés, où une société holding préside une ou plusieurs filiales constituées en SAS, la représentation vis-à-vis des tiers passant alors par une personne physique mandatée.
- Pouvoirs : le président engage la société à l’égard des tiers pour tout acte entrant dans l’objet social, sauf limitation prévue par les statuts (qui n’est pas opposable aux tiers de bonne foi).
- Responsabilité civile : engagée en cas de faute de gestion ou de manquement à ses obligations légales.
- Responsabilité pénale : exposée en cas d’infraction (abus de biens sociaux, délits fiscaux, travail dissimulé, etc.).
- Délégation : les statuts peuvent prévoir un directeur général, des directeurs généraux délégués ou un comité exécutif pour partager la charge de direction.
Sur le plan social, le président a le statut d’assimilé salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale sur sa rémunération, à l’exclusion de l’assurance chômage (une garantie privée facultative peut compenser cette absence). Sa rémunération est imposée comme un salaire.
Fiscalité et obligations sociales d’une SAS #
Une SAS relève par défaut de l’impôt sur les sociétés (IS), actuellement fixé à 25 % sur le résultat imposable, avec un taux réduit de 15 % applicable jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros et le capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.
- Option pour l’impôt sur le revenu : possible pendant cinq exercices maximum, non renouvelable, sous réserve que la société ait moins de cinq ans, emploie moins de 50 salariés, réalise un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros, et que les personnes physiques détiennent au moins 50 % des droits de vote (dont 34 % pour le président et les dirigeants et leur foyer).
- Dividendes : versés au président ou aux associés personnes physiques, ils relèvent en principe du Prélèvement Forfaitaire Unique (12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu — Code général des impôts, art. 200 A — auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux), ou, sur option globale du contribuable, du barème progressif de l’impôt sur le revenu.
- Obligations comptables : tenue d’une comptabilité conforme au plan comptable général, établissement des comptes annuels dans les six mois suivant la clôture de l’exercice, dépôt au greffe via le guichet unique.
Pour sécuriser ces obligations déclaratives et éviter les redressements, le recours à un expert-comptable est, dans la pratique, largement la norme dès que l’activité dépasse la phase de simple test — voir notre guide sur la comptabilité d’entreprise pour les bons réflexes à mettre en place dès la création.
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Les erreurs courantes à éviter lors de la création d’une SAS #
La liberté de rédaction propre à la SAS est aussi ce qui expose le plus les créateurs peu accompagnés. Les difficultés les plus fréquemment rencontrées en pratique :
- Statuts rédigés sur un modèle générique, sans adaptation au projet réel : clauses de sortie absentes, procédure de résolution des conflits non prévue.
- Apports en nature sous-évalués ou surévalués sans recours à un commissaire aux apports alors que les conditions de dispense ne sont pas réunies — les associés en restent solidairement responsables pendant cinq ans.
- Absence d’organisation de la succession du président : aucune clause ne prévoit qui décide en cas d’incapacité ou de départ soudain.
- Formalités de publication négligées : oubli ou erreur dans l’avis de constitution, retardant l’immatriculation.
Pour limiter ces risques : faire relire les statuts par un professionnel avant signature, faire valider chaque apport en nature significatif par un tiers indépendant, et prévoir dès le départ les clauses de gouvernance et de sortie plutôt que de les improviser au moment d’un désaccord.
Quand faire appel à un professionnel #
- La SAS (ou SASU à associé unique) offre une liberté statutaire supérieure à la SARL, au prix d’une rédaction des statuts plus exigeante.
- Le président est assimilé salarié : protection sociale complète, hors assurance chômage.
- L’IS est de 25 % (15 % jusqu’à 42 500 € pour les PME éligibles) ; l’option IR est possible 5 exercices maximum, sous conditions strictes.
- Un apport en nature nécessite en principe un commissaire aux apports, sauf dispense encadrée et votée à l’unanimité.
- La qualité des statuts se juge au premier désaccord entre associés : mieux vaut anticiper que réparer.
Quelle est la différence entre une SAS et une SASU ?
Quel est le capital minimum pour créer une SAS ?
Le président de SAS cotise-t-il à l’assurance chômage ?
Faut-il obligatoirement un commissaire aux apports pour une SAS ?
Peut-on transformer une SAS en SARL, ou l’inverse ?
Plan de l'article
- Qu’est-ce qu’une Société par Actions Simplifiée (SAS) ?
- SAS, SASU ou SARL : quelle différence ?
- Les avantages du statut SAS pour les entrepreneurs
- Comment créer une SAS : les étapes clés
- Les statuts de la SAS : ce qu’il faut inclure
- Le rôle et les responsabilités du président de la SAS
- Fiscalité et obligations sociales d’une SAS
- Les erreurs courantes à éviter lors de la création d’une SAS
- Quand faire appel à un professionnel